Samedi 25 Septembre

– 14h00 –
Table ronde avec Judith Duportail et Pauline Harmange
Aimer en féministe : concilier ses engagements féministes et son attirance pour les hommes cisgenre 

Modérée par Justine Caurant.

“Une femme a besoin d’un homme comme un poisson d’un bicyclette” :- au-delà du slogan, il existe une réalité palpable. Comment bâtir des relations amoureuses heureuses, épanouissantes et égalitaires dans un monde patriarcal ? Comment aimer (encore) les hommes cisgenre quand on a pris conscience des violences de genre ? C’est toute l’ambiguïté du couple hétérosexuel au prisme du féminisme, sur laquelle nous éclairent Pauline Harmange (Moi, les hommes je les déteste) et Judith Duportail (L’amour sous algorithme, Dating fatigue). 

– 16h00 –
Conférence de Manon Turban
Ce que les héroïnes shakespeariennes nous disent de l’amour et de l’amitié au féminin

Ancienne élève de l’École Normale Supérieure de Lyon et agrégée d’anglais, Manon Turban est à présent en quatrième année de doctorat à l’Université de Paris. Sa recherche porte sur les monstres et les émotions dans le théâtre de Shakespeare. 

Elle présentera le traitement que Shakespeare consacre à l’amitié et à l’amour chez ses héroïnes. Elle montrera comment l’amitié entre femmes est souvent présentée comme un âge d’or, où les deux individus sont unies tant dans leurs activités que dans leur façon d’appréhender le monde. Cet état de grâce n’est cependant que temporaire : la découverte d’un autre désir, cette fois hétérosexuel, y met fin. L’amour et le désir pour les hommes, présenté comme un moment de crise, n’est pas cependant pas uniquement condamné comme une source de misère et de tristesse. Il peut au contraire être moteur de transformation et permettre à l’héroïne de jouer un rôle social qui lui était jusque-là interdit.

– 17h30 –

Courrier du coeur avec Victoire Tuaillon

Beaucoup d’entre vous ont découvert le formidable travail de Victoire Tuaillon avec le podcast “Les couilles sur la table”, produit par Binge Audio.  En 2021, elle lance “Le cœur sur la table”, où les questions féministes continuent d’affleurer afin de déconstruire la notion de couple. Comment aime-t-on ? Comment aime-t-on dans et en dehors du cadre hétérosexuel, exclusif, cisgenre ? En interrogeant de nombreux.ses invité.e.s, elle cherche à cartographier l’amour sous toutes ses formes, afin de permettre à ses auditeur.ice.s de s’émanciper de schémas souvent enfermants. Son travail minutieux est salué par les critiques et s’impose comme une référence dans les questions de réflexions féministes.

Elle viendra nous parler de son podcast et animera également une session Courrier du cœur : munissez-vous de vos courriers, nous les lirons et Victoire y répondra en direct !

– 19h00 –
Remise des prix du concours de nouvelles Dangereuses Lectrices

Suite au succès de l’an passé, nous avons souhaité renouveler l’expérience en vous proposant cette année de nous faire rire, rêver, réfléchir autour de la thématique du coeur.

Notre jury de feu est composé de quatre spécialistes : Anna Rizzello, éditrice et organisatrice du festival de traduction D’un pays l’autre ; Gaëlle Debeaux, enseignante de Littérature Générale et Comparée à Rennes 2 ; Lucie Desaubliaux, autrice et médiatrice de la Maison de la Poésie de Rennes ; Mathilde Coulon, bibliothécaire, assistante en action culturelle à la bibliothèque des Champs Libres.

Elles rendront leur verdict après avoir lu vos nombreuses participations. 

Ce sera également le moment de la remise de prix et de la lecture des nouvelles gagnantes !

– 20h30 –
Théâtre
Comme la Chienne par la Compagnie la Biche Volante

Spectacle non adapté aux enfants

5 femmes en cercle, 5 meurtrières. Elles se meuvent, se désarticulent, ouvrent la bouche et tirent la langue à s’en arracher les lèvres, comme pour laisser voir le fond de leurs entrailles, comme laissant voir leur sexe, face aux spectateurs et spectatrices formant eux-mêmes un cercle autour d’elles, les entourant de leur regard.

Ce « carrousel de monstres » dessine l’arène où va se dérouler le jugement de ces meurtrières. Tour à tour, chacune vient au centre du cercle exposer le récit de son passage à l’acte, l’instant de la violence. Pourtant, ce récit n’est pas le préambule d’une condamnation mais l’étape d’un rite de passation pour rejoindre un gang et passer de la honte à la puissance.

Représentation suivie d’un échange avec le public en présence de l’autrice.

Expérience théâtrale pour femmes enragées, de Justine Haye, adaptée de l’oeuvre de Louise Chennevière
Interprètes : Marion Jadot, Nina Josse, Oscar Rosza Miller, Léa Schweitzer
Chorégraphe : Jeanne Giffon
Scénographe : Tiphaine Petit
Musique originale : Oscar Rosza Miller

Dimanche 26 septembre

 

– 12h00 > 13h30 –
Auberge espagnole en compagnie de Victoire Tuaillon

C’est un pique-nique un peu particulier que nous vous proposons : chacun·e apporte son repas mais également des textes de littérature écrits par des personnes sexisées (femmes, personnes queers…) qui parlent d’amour, de relations affectives, d’amitié, qui expriment leur désir amoureux ou sexuel en dehors des scripts esthétiques de l’hétérosexualité dominante (par exemple : des femmes qui décrivent le désir qu’elles ont de leurs amant·e·s, de leurs corps…). 

Les participant·e·s pourront lire le texte de leur choix (attention, pas plus de 5min !) pendant le repas.

– 14h00 –
Table ronde
Sororité militante : écrire les amitiés dans les luttes
Avec Wendy Delorme et Noémie Grunenwald

Table ronde modérée par Justine Caurant.

Face à l’adversité, aux retours de bâton souvent violent des franges les plus conservatrices de la société, le militantisme possède une arme secrète, qui rend plus fort·es : la sororité. Relations indéfectibles nées dans les réunions, les manifestations et les occupations, la solidarité entre les militant·es féministes est plus qu’une simple amitié, c’est une véritable sororité. Comment écrire ces sentiments puissants, entre l’amour et la politique ? Noémie Grunenwald, traductrice (collectif Hystériques et associées, Sur le bout de la langue, traduire en féministe), et Wendy Delorme (Viendra le temps du feu) échangeront autour de la sororité, une des nombreuses facettes du sentiment amoureux. 

– 16h00 –
Conférence-lecture à propos d’Audre Lorde
Avec Nassira Hedjerassi

Enseignante-chercheure, Professeure des Universités, Nassira Hedjerassi est en poste à Sorbonne Université et membre du Laboratoire d’études de genre et de sexualité.

Ses travaux sont à l’intersection de la sociologie de l’éducation, du genre et  du travail. Un volet de ses recherches porte sur l’accès des femmes aux professions semi-intellectuelles (bibliothécaires et documentalistes scolaires) et intellectuelles supérieures, en particulier l’accès des femmes à l’activité philosophique. Cela l’a conduite à s’intéresser aux parcours biographiques de femmes philosophes et d’intellectuelles féministes africaines-américaines pour tenter de comprendre comment ces figures ont composé avec différents rapports sociaux (de classe, de race, de sexe, de sexualité), dans des contextes sociohistoriques de conquête d’un certain nombre de droits, parmi lesquels celui fondamental d’accéder à l’éducation.

 

17h30 –
Carte blanche HF Bretagne
Traversée au cœur du matrimoine littéraire en Bretagne
Avec Gaëlle Pairel

Coordinatrice de manifestations culturelles, chercheuse, formatrice, Gaëlle Pairel a fait émerger le concept de matrimoine littéraire en Bretagne de 1801 à nos jours dans le cadre de ses recherches universitaires. Auteure d’une anthologie consacrée à ce corpus, elle souhaite aujourd’hui nous emporter vers ces textes pleins de sens et de sensibilité.

Filiation, Amour dans tous ses états, émancipation des cœurs et des corps, la marche des femmes vers leur liberté se lit à travers des essais, des romans, des récits de voyage et des recueils poétiques.

 De Fanny Raoul à Nelly Alard, venez découvrir ce que les autrices disent du monde depuis le 19ème siècle.

– 20h30 –
Projection
Les Rivières
Un film de Mai Hua

Mai Hua, femme française d’origine Vietnamienne, est une mère divorcée de 2 enfants. En 2013, avec sa mère, elle ramène sa grand-mère mourante en France. Alors que cette dernière renaît de manière miraculeuse, un passé non résolu refait surface : Mai devient l’héritière d’une mémoire familiale complexe et douloureuse qu’elle ne veut pas transmettre à sa fille. À travers cette lignée de femmes et sa quête de vérité, la réalisatrice plonge dans une archéologie familiale à la fois intime et universelle.

Mai Hua est une artiste basée à Paris. Color designer, réalisatrice et autrice du blog philosophique maihua.fr, elle explore nos liens à l’intime, à la quête de vérité et à la spiritualité.